56 jours, 1344 heures passées ensemble. C’est le palmarès des familles françaises, confinées depuis le 17 mars 2020. La sortie qui s’annonce est remplie d’une incertitude. Cependant, dans cet élan de résilience que les mamans ont démontré tout au long de cette période, on peut apercevoir la lueur d’un avenir rempli d’espérance. Le témoignage de Larissa, notre dernière maman confinée de France, vient le conforter.

Larissa habite en région parisienne avec son époux Marc et leurs deux filles : Lisa 5 ans et Elikia 21 mois. Cadre bancaire, en pleine reconversion professionnelle vers les métiers du numérique, elle s’initie à la création de contenus web via son blog papillon noir. Elle y partage sa vie de femme, parfaitement imparfaite, pleine de vérité parfois crue.

Rencontre avec une maman engagée dont  l’intuition maternelle s’est révélée d’une grande utilité pour sa famille, en ces temps particulièrement troubles.

 Je le vis comme une grâce, avec beaucoup de reconnaissance.

Pour être honnête je suis reconnaissante à Dieu de ce moment de confinement. Je le vis comme une grâce, avec beaucoup de reconnaissance. Primo, parce que nous sommes en sécurité à la maison. Secundo, parce que nous travaillons de la maison, rien ne s’arrête vraiment, c’est juste plus compliqué. Nous avons de la chance de ne pas être exposés. Mon époux et moi étant tous deux en télétravail, nos journées sont riches et épuisantes.

Nous avons tenté d’établir une routine qui a l’air de marcher (il y a quelques couacs, mais avec deux enfants en bas âge c’est le contraire qui serait anormal). Nous tenons avec beaucoup de communication, d’entraide et de compréhension mutuelle (entre parents et face aux enfants).

Les journées sont rythmées par les temps d’activités, de jeux libres et de pause.

  • 7h30 : réveil comme d’habitude, impossible de leur faire faire la grasse matinée, sinon c’est elles qui nous sortent du lit !

Lisa suit sa routine : toilette, habillage, petit déjeuner comme d’habitude

  • Ensuite c’est l’école. Nous sélectionnons ensemble les activités du matin, pour qu’elle nous sollicite le moins possible. En sachant qu’après chaque activité, on donne les consignes de la suivante. La matinée est réservée aux activités pédagogiques (merci à la maitresse qui est très active sur le blog de l’école). Ce sont par exemple le dénombrement des syllabes, les labyrinthes, les sons avec collages de lettres…  Ensuite nous faisons une activité plus créative comme le dessin, le coloriage ou la peinture.
  • 10h30 : petite pause de 15mn pour avaler une clémentine, ou une banane, le café pour nous. Nous en profitons pour une partie de jeu de société, généralement le UNO.
  • Pendant la prochaine heure, on lui propose une activité libre comme la création d’histoire. Elle enfile un déguisement ou pas, et joue un personnage en créant toute seule un scénario dans  notre chambre pendant que sa sœur fait la petite sieste.
  • 12h : Déjeuner. Papa gère le repas car ma pause est à 12H30.

Après le repas, temps calme d’une heure pendant que nous regardons le journal de 13h. On en profite aussi pour prendre quelques minutes à deux pour nous.

  • Avant de reprendre à 13h 30 nous faisons une autre partie de UNO avec Lisa pour favoriser nos échanges familiaux.
  • L’après midi : Lisa fait très souvent du collage, puis des exercices d’écritures et de lecture de sons dans son manuel Montessori. Très ludique, il facilite l’apprentissage en toute autonomie. Ensuite elle fait des formes avec de la pâte à modeler.
  • Vers 16h30 : elles font de la danse sur une sélection de chansons pour bouger.
  • 17h : je les rejoins pour danser et chanter ensemble.
  • 18H c’est le début de la routine du soir : bain, préparation du diner- Diner
  • 20h15 au plus tard : Dodo !

Elikia suit sa sœur partout, en général elle joue dans un coin dédié, avec ses voitures, un train ou  lit un livre sonore, fait du gribouillage.  C’est plus facile de nous occuper d’elle, car elle fait 2 siestes. Ses journées passent donc très vite. On l’a souvent dans les bras lorsqu’elle demande, sinon elle joue dans le salon sous nos yeux pendant que sa sœur travaille dans sa chambre.

Chérir mes filles, être présente pour ma famille, c’est ce qui compte le plus pour moi aujourd’hui pour moi.

 Travailler, suivre mes cours (je suis en formation dans le cadre de ma transition professionnelle), tout en s’occupant des enfants me coûte énormément en énergie physique et mentale. Il m’a fallu apprendre à me dépasser mais aussi à lâcher prise.

Chérir mes filles, être présente pour ma famille, c’est ce qui compte le plus pour moi aujourd’hui. J’ai été confortée dans l’idée que nous devons nous aimer vivants. Le pouvoir et l’argent, que nous avons tendance à tant rechercher, ne valent pas la plus importante des ressources : la vie !

Nous n’avons pas de contrôle sur le futur, tous nos plans ne sont au final que des projections. Pourtant, ce sont nos actions et comportements collectifs qui conditionnent notre futur commun.

J’ai toujours été portée sur les mesures d’hygiènes. J’insiste sur le lavage des mains auprès des miens… pendant la crise nous avons retrouvé plusieurs bouteilles de gel hydro alcoolique car j’en ai toujours un sac. On pensait que j’exagérais. Pourtant on se rend bien compte aujourd’hui que ce seront désormais des gestes qui feront partis de notre quotidien.

 Voici venu le temps pour les papillons de sortir de leur chrysalide. S’envoler et illuminer le monde avec leurs jolis couleurs ! Nous remercions Larissa pour ce partage. Nous y avons trouvé la touche de poésie pour accueillir ce jour d’après en toute confiance.

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