Nous ne pouvons pas prévoir de quoi demain sera fait. La preuve : qui aurait parié en trinquant à la nouvelle année que celle-ci confronterait toute l’humanité à une telle crise ? L’avenir est incertain, et va l’être de plus en plus. Toutefois, cela ne doit pas nous interdire d’imaginer que celui-ci sera le plus radieux possible. Observons nos enfants, le rêve fait partie d’eux, ils imaginent, ils inventent, et ils créent tout le temps !

 

 

 

Notre entretien avec Marie-Esther Degbelo, infirmière anesthésiste dans un hôpital pédiatrique de Paris, a éveillé en nous une prise de conscience, autour d’un mot : la résilience.

Elle a 10 ans d’expérience. Son quotidien la  confronte à ce que la vie a de plus fort et de plus fragile. Elle est le dernier regard des enfants avant leur opération, et quelques fois leur dernier regard sur la vie tout simplement.

Pendant ses études d’infirmière anesthésiste, Marie-Esther Degbelo s’est intéressée à l’anxiété préopératoire des enfants de 4 à 5 ans. « En étudiant cela, on s’est rendus compte qu’un enfant qui va au bloc et qui est anxieux, va développer plus de complications pendant et après l’opération. Par conséquent, il va avoir besoin de plus de médicaments et il va rester plus longtemps en salle de réveil voir à l’hôpital. »

Ces réflexions sont soutenues par les retours des parents qui constatent souvent l’apparition de certains troubles du comportement, développés par les enfants, une fois rentrés chez eux. Ceux-ci concernent le sommeil et l’alimentation pour 44% des enfants, 2 semaines après la chirurgie.

En 2015, pendant ses études d’infirmière anesthésiste, elle choisit de faire porter son mémoire de master sur la création d’une application numérique dont le but serait d’améliorer le parcours et donc  l’expérience des enfants qui doivent subir une opération.

C’est en 2019 que Koalou est lancée avec le concours d’une équipe pluridisciplinaire qui a cru en son projet  :  un illustrateur, un développeur, deux psychologues, un médecin urgentiste, un ingénieur et aussi ses collègues.

 « Mon but a été de créer une plateforme pour arrêter dangoisser les parents »

La littérature scientifique décrit l’origine de l’anxiété au moment de la  rencontre avec le chirurgien. Celle-ci atteint son pic après la première consultation. Une fois rentrés à la maison, les parents sont traversés par un flot de questions, pour lesquelles ils n’ont pas forcément toutes les réponses, du moins jusqu’au prochain rendez-vous. Pendant ce temps, l’un des réflexes généralement observé est d’aller sur internet. Malheureusement, les réponses qu’on y trouve, n’étant pas toujours adaptées à la situation, celles-ci contribuent à faire monter l’angoisse.

Koalou va permettre aux parents de trouver les réponses à toutes leurs questions, par des mots simples, exprimés avec des illustrations et de la musique. La musico-thérapie ayant fait ses preuves pour ses fonctions rassurantes, cette dernière joue un rôle important pour apaiser les parents.

D’un point de vue pratique, on y trouve également des outils pour faciliter l’organisation des familles : une to-do list, ce qu’il faut prendre avec soi le jour j, les possibilités pour se garer, le trajet le plus adapté…

Cet outil d’accompagnement mis à la disposition des familles, permet à l’anesthésiste, le jour du rendez-vous, d’évaluer le niveau d’anxiété des parents et ainsi leur apporter toutes les réponses.

« Je veux aider les enfants à être résilients, pour quils puissent se relever de chaque épreuve. »

En France, 1,2 millions d’enfants sont hospitalisés chaque année. En tant que professionnelle de la santé, elle est consciente des traumatismes qui peuvent être engendrés par le passage au bloc opératoire. « L’enfant existe dans un tout. On soigne le corps mais derrière il faut prendre en compte le mental ». C’est notamment sur cet aspect qu’elle a décidé de s’engager.

Le contexte sanitaire que nous traversons actuellement vient conforter sa détermination. « Depuis le mois de février, nous sommes très sollicités. Le confinement ayant fait son effet, on profite de ce temps d’accalmie pour souffler un peu en ce moment. Mais après cela, il va falloir repartir.  Une majorité des opérations standards ayant été reportées, après la gestion de la crise, il va falloir gérer la reprise dans un contexte particulier. »

Consciente qu’il n’est pas possible d’épargner aux enfants les traumatismes de la vie, elle veut fournir des outils pour bâtir leur résilience. Koalou en est le premier pas.

Nous terminons ce partage inspirant et inspiré, par une déclaration de Marie- Esther Degbelo qui a fait fortement écho en nous : « Chacun.e de nous est en mesure d’apporter sa pierre à l’édifice. Moi j’ai choisi de m’engager pour les enfants. »

Et vous ?

 

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