Tandis que les portes des maisons se referment pour limiter la propagation du Covid-19, de nombreuses initiatives fleurissent dans le but d’accompagner les familles pendant la période du confinement. 

Parmi celles-ci, nous avons été marqué.e.s par le message adressé aux parents de Reims par la Maison de la famille. Une véritable mine d’or à l’intérieur de laquelle chaque famille, quelle que soit sa situation, pourra trouver des outils afin de vivre cette période le plus sereinement possible :

Alors que nous vivons l’expérience « confiné.e.s avec enfant.s » depuis une semaine, la question du « comment (sur)vit-on ensemble H24 ? » est plus que jamais d’actualité… Des plus petits aux plus grands, la tension est palpable, mélange d’anxiété et d’incompréhension. 

[Dans un groupe WhatsApp créé pour continuer à échanger avec les parents durant cette période de confinement], le sujet de nos échanges tournait justement autour de la vie avec les petits. Les questions et les difficultés se posent forcément un peu différemment selon l’âge des enfants, le nombre d’enfants, le nombre de parents présents (autrement appelé le ratio parent/enfant).

Partagé.e.s entre la peur qu’ils.elles s’ennuient et la peur de notre propre ennui, nous cherchons toutes les activités possibles et inimaginables sur le net : coloriage, fabrication de pâte à modeler maison, devoirs, sport en intérieur, théâtre en famille… (liens en fin d’article)

Et si ces activités peuvent nous réunir, nous passons peut-être à côté de l’essentiel…

Je vous laisse découvrir ce texte de Monsieur Chou ICI.

Écouter ses propres émotions…

Autre difficulté : alors que nous voudrions nous mettre au télétravail ou à une tâche particulière, l’enfant (voire LES enfants…) vient nous solliciter. Pile poil au moment où nous allions enfin nous poser après avoir rangé/travaillé/préparé le repas/s’être occupé du quotidien de la maison, l’enfant demande toute votre attention.

Devant votre refus, l’enfant s’obstine, râle, crie, tempête, boude… 

Notre patience, mise à rude épreuve, nous renvoie aux derniers Ateliers des parents auxquels nous avons participé, à la lecture du dernier Filliozat ou autre Dumonteil-Kremer, à toutes les unes des magazines de parents sur les VEO (Violences Éducatives Ordinaires)… Tous ses outils, tous ses conseils, lus et relus, nous parviennent aujourd’hui avec un éclairage nouveau : celui du confinement.

C’est une période étrange sur laquelle nous devons certainement prendre le temps de nous arrêter. Nous arrêter sur ce que nous ressentons, nous, adultes, avant de pouvoir accompagner ce que ressentent nos enfants.

Si nous sommes en phase de perdre nos repères, ils le sont tout autant. Tout ce qui fait leur quotidien est chamboulé et les émotions qui nous traversent (et que nous ne reconnaissons pas toujours) peuvent terminer de les déstabiliser…

Prenez quelques instants pour vous représenter la situation…

Pensez à la personne que vous avez tout de suite eu envie d’appeler au moment de l’annonce du confinement, à qui vous avez tout de suite eu envie de raconter ce qui se passait pour vous… votre base de sécurité, votre havre de paix (pas forcément vos parents, ça a pu être votre compagnon ou votre compagne…).

Quel bien fou, quel soulagement, vous avez ressenti quand vous avez pu lui parler !

Et quand vous n’avez pas pu la joindre, votre cerveau d’adulte s’est mis en mode « je rappellerai plus tard, je dois m’occuper des enfants » et une forme de raison a pris le dessus pour que vous continuiez d’assurer ce que vous deviez faire.

Pour comprendre le comportement de l’enfant

Votre petit, dont le cerveau n’en est qu’au tout début de sa construction, a le même besoin mais pas les mêmes capacités pour gérer l’absence de réponse adéquate.

Il perçoit que la situation n’est pas « normale », qu’elle est plus ou moins anxiogène pour les adultes qui l’entourent, que son quotidien est bouleversé… alors il cherche la sécurité qu’il connaît le mieux. A priori, VOUS.

Sauf que vous-même n’êtes pas forcément très très disponible (et l’on comprend pourquoi !) à ce moment-là. Alors l’enfant amplifie le signal, multiplie les signaux, jusqu’à ce qu’il obtienne ce dont il a viscéralement besoin : la sécurité. Et c’est là que les choses deviennent difficiles, que deux besoins semblent s’opposer : celui de l’enfant d’être rassuré et celui du parent de s’apaiser lui-même.

La différence évidente entre vous et votre petit, c’est que vous allez pouvoir en tant qu’adulte, prendre conscience de ce phénomène et vous adapter.

Attention, personne ne dit que cela va être facile… plus que jamais, laissons tomber l’idée que des parents parfaits existeraient quelque part !  Mais si déjà, vous comprenez ce qui se passe pour votre enfant, vos réponses vont forcément pouvoir s’adapter, s’ajuster. Vous n’aurez plus l’impression d’être dans le flou total, juste dans une conduite adaptée, un peu hésitante, un jour de brouillard.

Laissez-vous du temps pour apprivoiser cette situation inédite.

Au-delà d’occuper l’enfant, passons du temps ensemble 

Vous trouverez ci-dessous différentes pistes pour du temps passé ensemble (pas seulement de l’occupationnel). Certaines idées sont tirées des échanges du groupe WhatsApp [groupe créé par la Maison de la Famille de la ville de Reims pour échanger avec les parents pendant le confinement, N.D.L.R.] (merci Mesdames !!!) :

  • Fabriquer une cabane avec des draps
  • Concours de cris avec les voisins
  • Danser, chanter…
  • Inventer un parcours de motricité (adapté à l’âge) dans le logement avec des obstacles, un temps
  • Faire fonctionner l’imagination et la créativité :  https://lexpoideale.com/fr/creations/, 
  • Le tableau à double entrée avec différents animaux : je tire 2 dés et je dois mélanger les 2 animaux sur lesquels je suis tombé.e

Pour leur parler du virus, plusieurs sites le font très bien, voici une petite sélection :

En commençant petit, proposer des temps des grands/temps des petits où chacun s’occupe de son côté (commencez par une minute et augmentez progressivement la durée de ce temps pour soi). A adapter en fonction de l’âge des enfants.

Et puis, c’est l’occasion ou jamais de parler des émotions ! De parler des leurs, des vôtres (papa/maman/mamie/tonton …), de mettre des mots simples pour les aider à comprendre qu’il est normal de ressentir tant d’émotions dans un moment comme celui que nous vivons actuellement. A travers le site de Bougribouillons*, où vous trouverez notamment des cartes des émotions mais pas que! Une invitation à découvrir la petite enfance sous un autre jour, avec bienveillance pour eux mais aussi pour vous ! D’autres sites proposent évidemment des cartes des émotions, choisissez avec l’enfant celles qui lui parlent le plus !

 Enfin, parce que c’est important, n’hésitez pas à profiter des découvertes gratuites de sites comme Calm ou Petit Bambou pour prendre du temps pour vous.

Très important, voici le lien vers le Guide du parent confiné ainsi que le numéro de SOS Parentalité si vous sentez que la situation est vraiment trop compliquée. 

Prenez bien soin de vous, chez vous !

À propos de l’Espace Famille

La Maison de la Famille de la ville de Reims est un lieu ressource qui met à la  disposition des familles plusieurs espaces : le guichet d’inscription sur liste d’attente pour les crèches et multi-accueils partenaires, deux Relais d’Assistantes Maternel, la Coordination Petite Enfance et Handicap ainsi que l’Espace Famille.

L’Espace Famille accueille parents et enfants au cours de rencontres collectives, d’entretiens individuels ou de conférences. En favorisant les échanges entre pairs et l’information claire et objective des familles sur les sujets qui les intéressent (allaitement, sommeil, pleurs, éducation positive, portage, …), le service Petite Enfance et Famille de la ville de Reims offre aux parents un espace bienveillant et non jugeant qui  les aide à prendre confiance en eux et en leurs petits et leur permet de connaître les partenaires ressources en cas de difficultés.

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