En ces temps de fête, la cuisine a ce pouvoir particulier de réunir les familles. Derrière chaque plat et chaque épice, se cache une histoire  authentique et propre à chacune d’elles.

Nous sommes partis à la rencontre de quatre mamans du monde : Helena, Aurore, Juslia et Elsa. Elles nous confient les repas traditionnels qu’elles offrent à leurs enfants pour Noël.

Helena Hermanns est islandaise, son conjoint est d’origine algérienne et elle est la maman d’un petit garçon de 2 ans et demi. Ils habitent en région parisienne.

 « En Islande, à Noël, nous mangeons un plat qui s’appelle «hamborgarhryggur» ou langue de porc en français. Traditionnellement servi avec des pommes de terre bouillies puis frites dans du sucre brun, des pois verts et du «laufabrauð», le pain de noël.

Personnellement je ne sais pas cuisiner ces plats mais je suis toujours heureuse quand ma grand-mère me les prépare.

Pour ma part, à Noël, j’aime bien préparer la dinde car j’ai aussi vécu en Angleterre et c’est le plat traditionnel là-bas. Toutefois, j’y rajoute une touche islandaise moderne en l’accompagnant d’une salade Waldorf. Les pommes de terre et les farces sont des grands classiques car j’adore farcir ! Pour le moment, mon fils est très jeune et nous sommes une petite famille. L’achat de gros morceaux de porc n’est pas pratique pour le moment. Plus tard,  j’apprendrai certainement à préparer un repas de Noël parfait et inviter des amis français à le partager avec nous!

Je profiterai donc de nos prochaines vacances en Islande pour observer ma famille en train de préparer ces plats traditionnels afin de pouvoir les refaire à mon tour.

Dans notre quotidien, je ne me focalise pas tellement sur la transmission culinaire à mon fils. L’Islande est progressiste et est très ouverte, nous avons intégré des habitudes plus saines et de nouveaux plats d’autres pays d’Europe.

Je pense plutôt profiter de Noël pour cuisiner des plats traditionnels pour notre plus grand plaisir, je verrai ainsi si mon fils les apprécie. Ce sera l’occasion de  lui montrer ce que mes grands parents cuisinaient à leur époque.

Le plus important pour moi est de lui faire vivre de nouvelles expériences, de continuer à voyager dans différents pays et de voir ce qu’ils y font également. »

Vous pourrez trouver les recettes d’Helena ici

Aurore Robert est d’origine congolaise, son mari est breton et elle est la maman de deux enfants âgés de 6 ans et 2 ans. Ils habitent à Montréal.

« Pour moi la cuisine est le moyen par lequel mes enfants s’enracinent dans la culture congolaise. Comme je ne suis pas très branchée musique, que je ne parle pas couramment les langues du pays et que mon mari par ses origines bretonnes ne peut pas m’aider dans ce sens, le repas est ce qui nous rassemblent et nous permet de nous ressembler.

Je vis au Canada depuis 15 ans et je dois avouer que le Congo est très loin : en terme de distance mais surtout en terme de culture. Nous sommes très peu représentés dans ce pays et les personnes qui nous entourent viennent de partout ailleurs sauf de chez moi.

Je réussis tout de même à briser cet isolement grâce à la cuisine. Aujourd’hui je suis fière que le saka-saka soit le plat préféré de mes enfants et de mon mari. Ce repas accompagne toutes nos fêtes de famille. Le seul problème c’est que ce plat nécessite 5h de préparation! (Eh oui les feuilles congelées que nous recevons ici sont bien dures lol). Il est évident que pour Noël nous aurons un bon saka-saka (qui au passage se marie très bien avec le beurre d’arachide dont raffolent les québécois). Je l’accompagnerai du poisson salé et de quelques bâtons de manioc. Grâce à la communauté congolaise de Kinshasa, j’arrive à trouver ces produits un peu plus facilement. Nous terminerons par un méli-melo de beignets : boules d’ambiance, beignets à la  bananes et à la farine. Le tout arrosé d’un ou de plusieurs verres de jus gingembre.

Le temps d’un repas, le chauffage à 25 degré et la cheminée en action qui nous rappelle le feu de bois, nous nous transporterons dans les rues de Brazzaville et Pointe-Noire que nous avons tant chéries pendant notre congé sabbatique en famille. Se rappeler ces doux souvenirs en attendant d’y retourner pour le plaisir de savourer tous ces plats « à la maison ». »

Vous pourrez trouver les recettes d’Aurore ici

Juslia Opimbat est d’origine congolaise, elle est mariée à un congolais également. Elle est la maman de  4 enfants âgés de 11 ans, 8 ans, 6 ans et 3 ans. Ils habitent à Montréal.

« Ma table est majoritairement congolaise. Toutefois,  j’y rajoute une touche américaine, européenne et asiatique. La culture nous définit, je suis née dans la culturelle congolaise et je la vis donc tout naturellement, au quotidien avec ma famille. Ce n’est pas un effort pour moi de la transmettre à mes enfants. Ceci étant dit, nous nous attablons à Noël autour d’une soupe aux légumes comme entrée, et pour la suite  :

En plat principal :

Du saka-saka (un plat à base de feuilles de manioc, poissons fumés, épices et huile)

Du thiep-budien, un plat de riz poisson et légumes d’origine (une spécialité sénégalaise)

Du poulet ou de la dinde rôti.e

Du poisson salé sauté avec de la tomate fraîche.

En accompagnement :

Des bananes plantains frites et du manioc

Et comme dessert, je leur offre du tiramisu, une bûche de Noël, du déguet-yaourt (dessert à base de yaourt- traditionnellement de lait caillé- et de couscous de mil ), des fruits et du fromage.

Et comme boisson, je leur fais du bissap et du jus de gingembre.

Tout est fait maison, à l’exception du fromage et des fruits bien sûr !

Aussi, un peu avant Noël, les enfants et moi faisons des croquettes et des biscuits de Noël qu’ils offrent aux voisins et camarades de classe. »

Vous pourrez trouver les recettes de Juslia ici

Elsa est martiniquaise, elle est la maman d’un petit garçon de 6 ans. Ils habitent à Bordeaux.

« Je tente au quotidien de lui transmettre ma culture et mon identité martiniquaises.
Cela passe aussi bien par l’apprentissage du créole, par la musique que par la cuisine traditionnelle.
Les fêtes telles que Pâques et Noël en sont une parfaire illustration.
Si certaines années nous y faisons une petite entorse et optons pour un menu de Noël plutôt français composé de foies gras et autre, dinde aux marrons; Noël reste le moment de l’année où la tradition culinaire est la plus vivace.
Pas de repas de Noël sans petits pâtes salés, boudin, jambon de Noeël, ragout de cochon, pois d’Angole et igname « sasa » (variété d’igname)
Pas très actif en cuisine mais curieux, il observe la confection des différents plats, goûte et donne son avis « d’expert ».
Ce qu’il affectionne particulièrement, ce sont les petits pâtés salés. Une sorte de minis tourtes de pâte feuilletée dans lesquelles se trouve une farce à basse de chaire à saucisse, plus ou moins pimentée.
Le plat principal est constitué du ragout de cochon, bien roussi, accompagné de pois d’Angole ( sorte de grosse lentille), et de l’igname que l’on cuit à l’eau.
Nos traditions s’entretiennent tous les jours et l’assiette en est le premier vecteur. »

Vous trouverez les recettes d’Elsa ici

Cette tournée des saveurs s’achève en Martinique. Et vous, chères mamans du monde, quelles recettes traditionnelles seront conviées à votre table de fêtes?

Nous serons ravis de recueillir vos témoignages.

Nous vous souhaitons de délicieuses fêtes !

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