Il y a autant de modèles éducatifs que de cultures dans le monde. Nous sommes partis à la rencontre des mamans du monde, pour qu’elles nous partagent leur quotidien de mamans sous l’angle de la culture propre à leur pays.

Nous commençons cette tournée des pratiques éducatives par la Suède ; l’un des pays d’Europe réputé pour avoir une politique familiale très développée. Là-bas, la recherche de justice et d’équité n’épargne pas les plus petits citoyens : la loi suédoise précise que les enfants ont droit aux soins et au respect, à la sécurité et à une bonne éducation.

Nous avons voulu savoir comment cela s’exprime réellement au sein d’une famille suédoise. Isabel, 32 ans, maman d’une petite fille nous embarque dans un voyage en immersion dans leur cocon familial.

Isabel est née à Uppsala et habite à Stockholm depuis 2014. Elle est chef de projet au sein de la compagnie aérienne publique Swedavia. Lorsqu’Isabel est devenue maman, elle a pu arrêter de travailler pendant un an, ce temps précieux lui a été bénéfique pour créer une relation de proximité forte avec sa fille qu’elle a allaitée pendant 11 mois.

Avec Isabel, nous avons parlé politique familiale en Suède et éducation positive, le tout illustré par des exemples concrets très inspirants !

La politique familiale en Suède est souvent retenue comme un modèle européen, comment le vivez-vous en tant que maman dans votre quotidien ?

L’Etat accorde aux parents 480 jours de congés maternité partiellement payés. Dans mon cas, j’ai pris deux semaines avant la naissance de notre fille pour me reposer, puis un an après. Mon mari a pris ses congés en deux temps : une première fois, il a posé les deux premières semaines qui ont suivies l’accouchement, puis plus tard, il a posé 5 mois lorsque j’ai repris le travail après mon année de congés maternité.

Lorsque notre petite Alice a eu 5 mois, nous avons pu passer trois mois en Espagne avec ma belle-mère qui est brésilienne. Avoir l’opportunité de prendre ce temps a été très bénéfique pour notre nouvelle petite famille, nous avons pu être présents les uns pour les autres et nous soutenir.

En Suède, la crèche est publique et tout enfant a une place garantie dès l’âge d’un an. Notre fille ira à la crèche de 8h à 16h. Cela est un peu plus que ce que je voudrais mais en même temps, je suis bien consciente qu’il me sera impossible de travailler 40 heures par semaine comme avant ! Toutefois, en cas de maladie, l’un de nous restera à la maison tout en percevant 80% de son salaire.

La plupart des employeurs sont compréhensifs avec les parents mais il est statistiquement prouvé que les congés, de maternité surtout, sont un frein à la hausse des salaires et possiblement à la carrière également. Pourtant, il est clairement stipulé dans la loi que les discriminations pour cause de congés maternité ou paternité sont strictement interdites.

Concernant le système éducatif suédois, il est fortement imprégné par la pédagogie Montessori ou Reggio Emilia. On laisse aux enfants, le temps de se développer à travers des projets, pour qu’ils puissent approfondir leurs connaissances et intérêts autour d’un thème spécifique.

 Parlons à présent d’éducation positive, comment réagissez vous face aux réactions de votre fille dans les situations délicates ?

Dans tous les situations j’essaie de garder mon calme, de prendre le temps de bien lui expliquer les choses.  Je crois que les enfants ne font pas comme nous voudrons pour des raisons logiques : dans la plupart des cas, c’est parce qu’ils ont encore des besoins qui n’ont pas été satisfaits. Peut-être a t-elle a faim, ou encore besoin de plus de calins avant de s’endormir ; le fait que je ne sois pas avec elle toute la journée peut avoir des conséquences sur son comportement également.

 Pouvez-vous nous donner des exemples précis de situations que vous avez réussi à gérer grâce à cette approche ?

  •  Le dodo :

Pour l’endormir on répète la même routine tous les soirs :  on éteint les lumières, on met la même musique, on lui donne son biberon et on la met au lit avec un parent (elle dort dans notre lit) ; quelques fois on la berce dans la poussette au cours d’une promenade.

Si elle se réveille pendant la nuit, on essaye d’en comprendre la raison : a-t-elle faim ? la couche est-elle sale ? Dans tous les cas, on essaie de comprendre et d’apporter une solution. Si elle ressent le besoin d’être d’avantage en ma présence, je me mets prêt d’elle. Surtout, je fais l’effort de maintenir le calme. Il m’arrive de ne pas y arriver quelques fois, à ce moment là, je passe la main à mon mari qui la prend dans ses bras et fais un tour de l’appartement avec elle pour la bercer.

  •  Les repas :

On mange toujours la même chose qu’elle, en lui montrant que nous apprécions ce qu’il y a dans notre assiette. Il y a des choses qu’elle aime plus et d’autres quelle aime moins, alors on lui offre des aliments différents. Avec un peu de temps, nous sommes confiants qu’elle mangera les aliments qu’elle refuse aujourd’hui. On ne l’oblige jamais à manger si elle ne veut pas.

  •  Les colères :

Première chose : maintenir le calme. Puis essayer de comprendre ce qui ne va pas. La plupart des fois, c’est parce qu’elle est fatiguée, ou alors lorsqu’elle n’apprécie pas qu’on interrompt un moment de jeu pour changer sa couche ou prendre la douche. Dans les cas par exemple, où elle ne veut pas se brosser les dents avant de se coucher, on fait simple, on laisse tomber ! Pour une nuit ce n’est pas bien grave ! On revoit les priorités !

En cas de grosse colère, on ne rajoute pas de contrariété, on fait plutôt une pause sur ce qu’on était en train de faire pour reporter toute notre attention sur elle pour l’apaiser.  On utilise aussi beaucoup la distraction, par exemple : « il est où est le petit ours ? » Et on commence un petit jeu au milieu de colère.

Ou alors on lui montre que nous aussi les adultes nous faisons la même chose, que c’est tout à fait normal. Le brossage des dents devient alors un moment à partager en famille. Dans tous les cas, nous ne nous focalisons pas sur le moment, on simplifie. Si elle n’a pas envie aujourd’hui, un autre jour, ce sera différent. On voit les choses dans l’ensemble.

Nous faisons preuve de persévérance, de patience même quand c’est très dur. Le plus important pour nous, c’est qu’elle comprenne que nous nous intéressons à elle, à ce qu’elle ressent et que nous sommes prêts à l’accompagner dans son développement avec tout l’amour possible.

De cet échange avec Isabel, nous retenons que l’empathie est l’une des clés de ce modèle éducatif : comprendre les réactions de l’enfant sans le juger et l’accompagner dans la gestion de ses émotions.

Et chez vous, quelles sont les spécificités culturelles en matière d’éducation ? Nous serons ravis de recueillir vos témoignages !

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